Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d’informations

 

Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d'informations
 

Phrase résumant le livre

 
Si la définition de l’infobésité reste insaisissable, ses effets sont bien réels et frappent de plein fouet les cadres et les managers car ils se trouvent au coeur du processus de décision, de coordination et de coopération. Le danger majeur de l’infobésité ? La qualité de l’information. Elle est fondamentale. Notre liberté, notre capacité d’action, dépendent de la véracité de l’information. (…) Il n’existe pas de remède miracle à l’infobésité mais des solutions multifactorielles qui se combinent entre elles pour d’avantage d’effets.

De Caroline Sauvajol-Rialland, Edition Vuibert, mai 2013, 206 pages

 

Résumé et chronique du livre

 

L’auteure

 
Ancienne journaliste, Caroline Sauvajol-Rialland a été responsable de l’information et de la communication du groupe La Poste. Elle est aujourd’hui maître de conférences à l’Université Catholique de Louvain, à Sciences Po Paris, chercheuse au LASCO (UCL), et consultante en gestion de l’information dans l’entreprise.
 

Chapitre 1 : L’information et la communication au coeur de la création de la valeur

 
Ce premier chapitre aborde le rôle stratégique de l’information pour les entreprises dans trois phases.
Lors de la prise de décision, rechercher, maîtriser et protéger l’information utile au développement de la société ne suffit pas. C’est la valeur que l’homme attribue à l’information et sa capacité d’analyse, qui lui permettent de prendre la bonne décision. Deux risques majeurs à ce niveau : la paralysie de l’action due à la saturation, la désinformation*.
Le capital immatériel d’une entreprise (les connaissances accumulées des employés) s’accroit et se valorise sans cesse. D’où l’enjeu stratégique de son management : formaliser et globaliser la connaissance individuelle pour la transformer en connaissance collective.
La culture d’entreprise renvoie à la capacité collective de l’entreprise à partager ses connaissances et à en acquérir de nouvelles. La collaboration au sein de l’entreprise favorise la construction de l’intelligence collective, indispensable pour garantir son efficience.
L’auteure conclut sur la préoccupation majeure des chefs d’entreprises et la nécessité d’une prise de conscience : la maîtrise de l’information.
 

Chapitre 2 : Infobésité, réalité ou illusion ?

 
Ce deuxième chapitre présente les enjeux de la surinformation et les problématiques qui en découlent au sein de l’entreprise :
– le stress des cadres ne parvenant plus à traiter, hiérarchiser et absorber l’information
– le sentiment d’urgence
– le fait de ne pas prendre en compte, ni évaluer, le temps consacré au traitement de l’information (30 %) alors que cette activité est stratégique
– le rôle des TIC*, cause de la surcharge d’information et moyen de la réduire
– l’interdépendance de la surcharge informationnelle, de la surcharge d’activité et du sentiment d’urgence
– la fracture informationnelle c’est-à-dire le ressenti individuel et subjectif de la surcharge par chaque individu.
Après une définition de la surcharge, Caroline Sauvajol-Rialland conclut sur les paradoxes de l’âge de l’information où l’infobésité apparaît comme « une obligation à communiquer, à partager et à se coordonner, une interdiction de ne pas répondre et, en même temps, le sentiment de contribuer à une pollution et à des nuisances. »
 

Chapitre 3 : TIC : le travail sous contrainte

 
Dans cette partie, l’auteure analyse l’impact des technologies de l’information et de la communication sur le travail, ses effets facilitateurs (accès à l’information, possibilité de télétravail, instantanéité des échanges…) et contraignants (fractionnement du travail, contrôle de l’activité accru, perte de temps en cas de mauvaise utilisation ou panne, fracture technologique entre les employés…).
Elle décrit ensuite les cinq mutations induites par les TIC sur la nature du travail et l’évolution spécifique des tâches liées à l’information :
– un travail de plus en plus abstrait et interactif
– exigeant une gestion du temps de plus en plus difficile
– à distance et dans le monde virtuel
– transparent et contrôlé
– impliquant des compétences nouvelles pour s’adapter au changement).
La fin du chapitre présente les principaux outils de la surcharge informationnelle et communicationnelle et leurs effets : le mail (surcharge cognitive, fragmentation du travail et déconcentration, dépersonnalisation, isolement), téléphones et ordinateurs portables, internet et intranet, réseaux sociaux et messagerie instantanée.
La consultante conclut sur l’efficacité remise en question des TIC.
 

Chapitre 4 : Les risques

 
Ce chapitre traite des risques liés à l’infobésité : la paralysie ou mauvaise décision dans le processus informationnel, la baisse de la productivité, le manque de créativité et d’innovation, la santé des collaborateurs (risques psychosociaux tels que le stress, les tensions musculaires, troubles du sommeil…).
 

Chapitre 5 : Les solutions externes, technologiques et méthodologiques

 
Les solutions externes, technologiques et méthodologiques reposent sur la gestion des connaissances (knowledge management) et la gouvernance de l’information, l’intelligence artificielle et les TIC. Afin de filtrer, rechercher, hiérarchiser, ordonner, organiser ou stocker l’information, Caroline Sauvajol-Rialland évoque le web sémantique, la curation de contenu (voir mon article sur La curation, un remède à l’infobésité ?), les métadonnées, l’agent intelligent, le text-mining…
L’auteure conclut sur la nécessité d’intégrer l’utilisateur à chacune des étapes.
 

Chapitre 6 : Les solutions locales, organisationnelles et individuelles

 
Ce dernier chapitre évoque les solutions internes que l’entreprise peut mettre en place pour dompter le flot d’informations. Plusieurs solutions organisationnelles et collectives sont proposées comme de développer une culture de l’information au sein de l’organisation, organiser les conditions de sa communication avec les autres, développer le travail collaboratif ou encore négocier les conditions de travail concernant la qualité de vie en entreprise. Au niveau cognitif et individuel, chacun peut construire son système d’information évolutif, se former à maîtriser les habilités informationnelles et à changer ses habitudes (pouvant aller jusqu’à la déconnexion complète). La consultante conclut le chapitre par les solutions spécifiques pour limiter la pression mail chez les salariés : respecter les règles d’usage, personnaliser son logiciel de messagerie, adopter les règles collectives et filtrer. Le but ultime : renforcer l’agilité informationnelle de l’entreprise.

 

En conclusion

 
Destiné aux cadres et aux équipes dirigeantes, « Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d’informations » décrit les enjeux liés à l’infobésité, dans les milieux de travail, mais aussi dans une perspective sociale. Décortiquer le phénomène et ses effets néfastes, c’est bien, mais l’intérêt du livre repose surtout sur les conseils pratiques proposés pour maîtriser son rapport à l’information. Il ne vous reste plus qu’à les mettre en pratique !

Points forts :

  • Sujet traité de manière exhaustive
  • Le chapitre 6 : bien fourni en exemples pour mettre en pratique des solutions simples, concrètes et économiques
  • Une bibliographie conséquente

Points faibles :

  • Dommage de ne pas proposer et insister sur la nécessité de confier le contrôle des flux d’informations (recherche, sélection, analyse, production et diffusion), à une personne attitrée, de préférence spécialiste de l’information ! Un bon moyen de réduire le stress lié à la surinformation tout en rendant l’entreprise plus compétitive.
  • La répétition des mêmes statistiques en plusieurs endroits du livre

 

* Vous pouvez retrouver une définition concise des termes signalés par une astérisque (*) dans le glossaire.

 

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Un commentaire sur “Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d’informations

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